Demain, toutes des Girlboss ?

Demain, toutes des girlboss ? - Catalyz'Her

Demain, toutes des girlboss ?

L’entrepreneuriat féminin a le vent en poupe. La multiplication des articles et des témoignages sur le sujet démontre que oui, les femmes peuvent entreprendre avec succès. Mais est-ce nécessairement la nouvelle voie à suivre pour réussir et s’épanouir dans sa vie professionnelle ? Si on n’a pas monté sa start-up à 30 ans, est-ce qu’on a raté sa vie ?

Bonne nouvelle : l’entrepreneuriat n’est plus l’apanage des hommes. Les femmes entreprennent, et elles entreprennent de plus en plus. Ces dernières années, les réussites de Fany Péchiodat (My Little Paris), Céline Lazorthes (Leetchi), Mathilde Lacombe (Birchbox), ou encore Julia Bijaoui (Freetchi) pour ne citer qu’elles, montrent que les femmes peuvent créer des entreprises à succès dans bien des domaines.

Ces success story largement médiatisées ont eu pour effet de démystifier l’entrepreneuriat et de l’amener dans le champ des possibles pour toutes les femmes s’interrogeant sur leur avenir professionnel.

En tant que trentenaire, l’entrepreneuriat n’était pas une option lorsque j’étais étudiante en École de Commerce. On n’en parlait tout simplement pas. Nous nous préparions tou·te·s à décrocher un CDI et à gravir les échelons sans trop nous interroger sur l’existence d’autres possibles. Aujourd’hui, les choses ont changé. L’entrepreneuriat est un terrain de jeu sur lequel les femmes peuvent s’engager avec succès, et c’est très bien ainsi.

Avec un bémol pourtant.
L’engouement général actuel pour les trajectoires de girlboss n’est-il pas un nouveau miroir aux alouettes ?

Votre temps est limité. Ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre.

Steve JOBS

J’ai grandi dans un monde où il fallait un CDI dans une tour à La Défense pour dire qu’on avait réussi. Aujourd’hui, n’est-on pas en train de glisser vers un monde qui nous demande d’avoir créé notre entreprise pour pouvoir désormais prétendre à une image de « réussite » ?

Et c’est là que le bas blesse. Parce que ce glissement-là peut nous amener à commettre cette erreur : mener notre vie professionnelle en fonction d’un effet de mode, ou de ce que la société nous présente comme désirable et gage de « réussite ». Sans prendre le temps de s’interroger sur ce qui est réellement juste pour soi.

N’en déplaise à celles et ceux qui prennent des raccourcis faciles pour vendre une vision idyllique de l’entrepreneuriat : cette voie-là ne convient pas à tout le monde, et elle n’est pas la solution à tout.

Le monde ne se partage pas entre salariés malheureux dans leur bullshit jobs d’un côté, et jeunes entrepreneur·e·s accompli·e·s qui façonnent un nouveau monde de l’autre.

Cette année, lors d’un débat sur « l’entrepreneur versus le manager », un intervenant rappelait d’ailleurs à juste titre que l’une des premières missions d’un entrepreneur est de parvenir à recruter de bons managers et de bons salariés.

C’est ce que cherchent les entreprises porteuses de sens telles que Ma P’tite Culotte, dont la fondatrice Charline Goutal souligne :  « On choisit des personnes qui partagent avant tout les mêmes valeurs que nous (…) Il y a des salariés qui sont extraordinaires, qui ont des responsabilités de fou, et sans eux, il n’y aurait pas d’entrepreneur. Et on n’en parle pas. ».

Depuis un an, les entrepreneures que j’ai interviewées pour Catalyz’Her ont toutes ce même geste et cette même expression pour parler d’entrepreneuriat : une main qui fait des vagues, symbole des « montagnes russes » que chacune vit.

Toutes s’accordent sur les bonheurs que leur procure leur métier, mais toutes sont transparentes et lucides sur les difficultés quotidiennes à surmonter pour faire vivre et grandir leur entreprise.

Alors si l’épanouissement n’est pas au rendez-vous en tant que salarié, est-ce que cela signifie pour autant que l’entrepreneuriat est la clé ? Ou est-ce une vague porte de sortie que l’on imagine s’ouvrir sur le sens et l’épanouissement tant recherchés jusqu’ici ?

J’ai claqué la porte du salariat il y a bientôt 2 ans, animée par ma quête de sens et d’épanouissement. Je me suis même prise à rêver en grand en voulant lancer un média, des formations, et un espace dédié aux femmes.

Finalement, j’ai réalisé que je n’étais pas une entrepreneure dans l’âme. Je ne suis pas celle qui défonce les portes, celle qui fédère, qui orchestre, qui est sur tous les fronts. Et franchement, c’est très bien ainsi. J’ai découvert que d’autres formats me convenaient davantage aujourd’hui, et c’est bien ça le plus important. Trouver ce qui est juste pour soi.

Aujourd’hui, nous avons le choix : celui d’être salariée, indépendante, créatrice, entrepreneure,… et même la possibilité d’être l’un et/ou l’autre au cours de notre vie professionnelle qui se veut résolument dynamique.

Il y a quelques mois, lorsque j’étais en plein délire girlboss, j’avais découvert une très jolie vidéo de Natacha Birds : Ma Liberté (vidéo en fin d’article). Aujourd’hui, je comprends à quel point je me reconnais dans cette vidéo. Bien qu’inspirée par les femmes que j’interroge et celles que je rêve encore d’interviewer, je ne suis pas une girlboss.

Être entrepreneure, girlboss, créatrice de startup,… n’est pas un objectif en soi. L’important, c’est de trouver sa propre voie, faire son propre chemin, quel qu’il soit.

Personnellement, j’y travaille encore. Je crois même que nous sommes désormais amené·e·s à y travailler toute une vie. Une chance de se découvrir et de se réinventer au fil des évolutions de la société, et surtout de nos envies.

Découvrez les histoires de femmes inspirantes : elles sont entrepreneures, salariées, indépendantes, slasheuses,…Bref, elles sont ce qu’elles veulent 👉 STORIES

Amandine Teyssier
Amandine Teyssier
amandine-teys@hotmail.fr

Fondatrice Catalyz'Her : inspiration & empowerment pour accompagner les femmes dans leur {Rêv}olution professionnelle.

2 Commentaires
  • Rafael Banal
    Publié à 21:42h, 30 septembre Répondre

    Très intéressant et lucide. Se connaître un peu mieux, quel trésor!
    Bravo pour ton courage et le chemin parcouru.

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