Aurelia, créer son métier autour d’un mode de vie healthy

Aurelia Del Sol, créer son métier autour d’un mode de vie healthy

Rencontre avec Aurelia Del Sol, 30 ans, fondatrice de Je Suis Bonne et co-fondatrice de Chez Simone. Animée par l’ambition de faire du bien aux gens, c’est au détour d’un voyage qu’Aurelia a rencontré le mode de vie qui inspirera sa vocation de « wellness entrepreneur ». Aurelia revient sur ses débuts, son switch vers l’univers du bien-être, et les hauts et les bas du roller-coaster entrepreneurial.

10 min

Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her
Story
Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her

Aurelia Del Sol, c’est l’âme et le sourire de Je Suis Bonne.
Vous l’avez peut-être croisée au détour d’une story Instagram présentant une recette healthy, une masterclass sportive « Against Sunday Blues », ou un Pep Talk organisé autour de personnalités inspirantes.

Fille d’expatriés, le voyage fait définitivement partie de l’ADN d’Aurelia et marquera de son empreinte ses choix de vie, y compris professionnels. Mais avant cela, Aurelia s’est cherchée.
Pendant ses études, elle fait du mannequinat pour être indépendante financièrement. Passée par les bancs du cours Florent à l’époque du lycée, Aurelia se fait vite rattraper par le Bac qu’elle passe avec succès en candidat libre.

Diplômée d’une école de commerce et un master marketing & communication en poche, Aurelia prend un aller simple pour l’Australie. Pendant 5 mois, elle découvre et expérimente un mode de vie qui la mettra sur la voie de sa vocation pour le bien-être.

De retour en France, elle s’essaye au rôle de Chef de Projet, et développe en parallèle Je Suis Bonne, un Tumblr dans lequel elle partage ce qui l’inspire : sport, recettes, mantras,… un projet auquel elle décidera de se consacrer à temps plein en septembre 2015.
L’univers digital Je Suis Bonne devient expérience in real life avec des cours de yoga et des brunchs organisés dans des appartements.

Le bouche à oreille fonctionne et donne envie à Aurelia de pousser son concept encore plus loin. Elle rencontre alors Julie de Mademoiselle Run avec qui elle fondera Chez Simone : l’appartement autour du « Bien manger, Bien bouger et Bien vivre » ouvert en septembre 2016.

Après un lancement réussi, l’association entre Aurelia et Julie a cessé fin 2017. L’occasion pour Aurelia de rebondir grâce à Je Suis Bonne et de nouveaux projets autour du bien-être.

Aurelia, tu as toujours été attirée par le voyage. En quoi l’Australie a été un déclic pour toi ?
Là-bas, j’étais dans la communauté de surfeurs, et j’ai découvert un style de vie hyper intuitif. J’étais avec des nanas qui étaient en vie, qui donnaient envie, et qui m’ont beaucoup inspirée sur leur style de vie : elles faisaient du sport, elles mangeaient bien, tout ce qui était raw food, les chia puddings, l’açaï, la spiruline,… des trucs qui sont maintenant partout ici, mais là-bas, c’était il y a 5 ans.

Quand je les regardais, elles étaient pleines de vie. Moi je venais du milieu du mannequinat où on vend du rêve avec des âmes un peu mortes, parce que tu deviens vite un cintre. C’est en revenant de ce voyage que j’ai vraiment eu un déclic sur le fait de prendre soin de soi. Que c’était important d’être sa meilleure amie et pas sa meilleure ennemie.

C’est de là qu’est né Je Suis Bonne, en parallèle de ton premier job.
J’ai commencé à écrire sur un Tumblr sur ces nanas-là, ce style de vie-là, sur le surf,… Au début je mettais plein de photos, c’était sans prétention aucune. Au bout d’un moment, j’ai commencé à écrire de petits articles. C’était un site pas hyper beau, mais au moins, j’avais un support, je pouvais écrire.

Et j’ai trouvé un job, j’étais Chef de Projet Digital chez Orange. Je m’occupais du festival de Cannes.
Après avoir fait des études, tu as une sorte de pression familiale qui te dit : « Bon, tu vas faire quoi ? ». Moi je ne savais toujours pas ce que je voulais faire. Enfin si, je voulais faire un truc, c’était faire rêver les gens, illuminer leurs yeux, mais je ne savais pas si c’était dans la musique, le sport, la nourriture, le voyage… C’est tombé sur le festival de Cannes pour Orange. C’était une mission, j’ai fait ça 6 mois.

Et tu continuais à alimenter Je Suis Bonne comme projet « à côté ».
J’avais toujours Je Suis Bonne qui vivotait. J’écrivais tous les jours, juste des petits mémos, des recettes, je testais des restos, de nouvelles pratiques sportives… tout ce que c’est encore aujourd’hui, mais je n’avais pas confiance en moi, alors je faisais ça à côté.
Ce qui est drôle, c’est que j’ai été recrutée chez Mazarine, une agence digitale 360° qui s’occupe de marques de luxe, parce que j’avais Je Suis Bonne.

Comment ça s’est passé cette nouvelle expérience ?
J’ai fait 6 mois ! Je bossais avec une super équipe, une super N+1. J’ai beaucoup appris mais ça ne me convenait toujours pas.

« Je me souviens, j’avais cette réflexion : J’ai pas fait tout ça pour ça ! Je ne me suis pas cherchée, j’ai pas fait toutes ces études pour me dire : c’est ça en fait la vie d’adulte ? ».

C’est pas un jugement, mais je me suis dit : « Je ne peux pas vivre comme ça 30 ans. S’il y a des gens à qui ça convient, c’est génial, mais moi il faut que je cherche encore ».

C’est là que tu as décidé de te consacrer pleinement à Je Suis Bonne ?
A un moment, je me suis dit : « Tu as un projet, on te consulte pour ça, il y une marque qui est intéressée. Peut-être qu’il y a un truc à faire par toi-même. Ce projet, je le fais à 40-50%. Là, je vais le faire à 3000%. Si ça marche pas, t’auras essayé. Et au pire, ça marche ! ».

Ça a été quoi la réaction de ton entourage à ce moment-là ?
Il y a eu deux réactions. Mon copain de l’époque était entrepreneur, donc pour lui c’était évident qu’il fallait que je fasse ça. Il m’a beaucoup poussée, ça a été une grande force. Ça me tétanisait aussi parce qu’il était un peu pushy.
Sinon dans mon entourage, il y a eu la phrase : « T’as un job, pourquoi tu quittes ? Fais ça à côté ! ». Si je garde ça en projet à côté, ça sera toujours un projet à côté et j’aurais toujours la bonne excuse de dire : « Ça n’a pas marché parce que c’était un projet à côté ».

Je m’ennuyais tellement… j’avais vraiment envie de donner du sens, donc je pense que mon entourage a compris. Mes parents m’ont fait confiance en étant sûrement complètement angoissés.

Inspiration
Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her
Concept
Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her

Comment est-ce qu’on passe d’un « projet loisir » à une entreprise qui doit être rémunératrice ?
Quand j’ai lancé Je Suis Bonne, j’avais un minimum de charges. J’étais en auto-entrepreneur, je n’avais pas de lieu. Au début, je me suis dit : « Il faut que tu fasses, que tu t’imposes, que tu crées ton univers, et que tu plantes des graines ». Et puis t’attends un peu. Au début, tu as beaucoup de choses que tu fais de manière gracieuse.

J’ai fait un business plan, c’est pas ma came, mais je l’ai fait. C’est important parce que j’avais ma partie cartésienne, mon besoin d’avoir un cadre. C’est bien quand tu vas chercher des partenaires, de l’argent.

« Mais c’est pas le business plan qui fait que ton business va marcher. C’est la vision que tu mets, l’âme que tu mets dans ton projet. ».

Comment est-ce que tu as fait pour te démarquer au milieu de toutes les initiatives autour du bien-être ?
Je me suis rapprochée de moi. Il y plein de personnes qui parlent de bien-être, de comment être bien, faire du sport, manger sainement,… et je trouve ça génial. C’est quand même des valeurs saines, et ce n’est pas juste une mode. C’est un style de vie.

Comment se démarquer : en étant toi. Par définition, tu es unique. Plus tu te rapproches de toi, plus ce que tu vas proposer va être unique. Evidemment, ça va plaire à certaines personnes et déplaire à d’autres, mais tu vas proposer quelque chose de différent.

Au début, tu es happée. Tu regardes à droite, à gauche, c’est angoissant. Le pire des trucs, c’est de se comparer. Se comparer, ça détruit toute la créativité, ça lobotomise un peu ton cerveau ! Tu veux te rassurer en faisant comme certains autres. Rapidement, ça a eu l’effet inverse pour moi. Tu deviens spectateur de ta propre vie, tu te vois tester des choses, et tu te dis : « Non, c’est pas moi ».

C’est en partant de qui tu es que tu as donné une nouvelle dimension à Je Suis Bonne ?
En septembre 2015, j’adorais l’univers digital de Je Suis Bonne. Je voulais le recréer dans la vraie vie. J’ai commencé à faire des brunchs dans des lieux différents. J’allais chez des copains qui me prêtaient leur appartement, c’était du bouche à oreille sur réservation. Je faisais des recettes que je postais sur Je Suis Bonne et que je testais le weekend.

Ça a bien pris, et je me suis dit qu’il fallait trouver un lieu. C’est là que j’ai emménagé avec mon copain de l’époque dans La Bonne Maison, l’appartement dans lequel on vivait. Je recevais les gens « comme à la maison ». Pour moi, ça me tenait à coeur. C’est comme ça que j’avais été éduquée en étant plus jeune au Maroc où j’ai vécu pas mal de temps. Tu vas chez les uns, chez les autres, tu partages ton intimité,… Ça revenait à faire rêver, à donner du bien-être aux gens, à mon humble niveau.

Et puis tu as fait une rencontre déterminante qui a abouti à la création de Chez Simone.
J’avais envie de créer un lieu de vie ouvert au public avec le même ADN que Je Suis Bonne, mais avec plus de sport, plus d’intervenants,… Plus grand !

En février 2016, un ami m’a présenté Julie. Elle avait un média qui s’appelle Mademoiselle Run. Cette rencontre, sur le moment, c’était une évidence avec des idées, une vision similaire. Et surtout pour moi, l’envie de partager.

« Pour moi, l’entrepreneuriat, c’est de l’humain. C’est ça qui me manquait dans mes autres jobs. ».

Au final, on n’utilise pas assez l’humain. On te prend, tu as un beau CV, tu sais faire ça, ça, ça… mais humainement, qu’est-ce que tu apportes ?
Dans l’entrepreneuriat, c’est ça qui me plait, c’est d’échanger, de partager, de me nourrir de l’autre.

Cette rencontre a été boostante. Chez Simone est né, l’appartement qui vous veut du bien, 200m2 dédiés au bien-être, et qui désacralise le fait de prendre soin de soi. Ça s’est fait hyper intuitivement. Chez Simone, c’est la réunion de nos deux univers.

Comment a évolué votre association ?
Au bout d’un peu plus d’un an, l’association a cessé. L’association, c’est quelque chose de très compliqué. Chacun a son avis sur la question : « Associe-toi avec quelqu’un que tu connais. Non surtout pas ! Avec une amie. Jamais de la vie ! Avec une inconnue. Ça va pas ou quoi ?! ».

C’est hyper dur l’association. D’un coup, tu partages ta vie avec quelqu’un. C’est un vrai couple. Au début c’est génial, t’as plein d’idées, t’as plein d’envies, c’est WOW. Et puis après, t’as le quotidien, avec les emmerdes, les attentes que t’as mises sur l’autre, les déceptions.

On a bossé comme des acharnées pendant 2 ans, et on n’a jamais compté nos heures entre les travaux, les recherches de partenaires,…

« Tu bosses mais en même temps, c’est ton bébé. Tu crées un truc de terre, tu crées des emplois. C’est génial, c’est hyper galvanisant, mais c’est épuisant. ».

Mes parents me disaient : « Doucement, prends du temps pour toi ». J’étais devenu quelqu’un qui n’avait jamais le temps. On se levait à 5h du mat’, on se couchait à 23h, on dormait chez Simone…

Quel regard portes-tu sur cette aventure ?
C’était une chouette aventure. Elle s’est terminée fin 2017. C’était une sorte de labo pour moi, j’essaie de voir ça de manière positive.
J’ai l’impression d’avoir appris tellement de choses en 2-3 ans. J’ai appris que rien n’est grave. C’est à toi de choisir la situation. On a tous des hauts, des bas, et ça passe en fait.
J’ai appris que j’étais une grande optimiste, et je n’ai plus peur. Je n’ai plus peur de faire, je n’ai plus peur de me casser la figure… au pire ça marche !

Même cette situation où l’association ne s’est pas bien passée, je n’ai pas peur de me ré-associer. Je me dis que c’est au contact des autres que tu grandis, qu’il y a plein de belles surprises et que dans la vie, il y a peu de hasards. A partir du moment où tu te bouges les fesses, la vie est bien faite.

Rencontre
Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her
Résilience
Aurelia Del Sol - Entrepreneure healthy - Catalyz'Her

Comment est-ce que tu as rebondi après Chez Simone ?
Au début, tu fais beaucoup de vent parce que tu as besoin d’exister !
En début d’année, je suis partie parce que j’étais dans un truc de faire, faire, faire,…

« Quand tu fais, t’as plus de moment d’ennui. L’ennui on voit ça péjorativement, alors qu’en fait c’est des moments de créativité. Ce n’est pas un gros mot l’ennui. Etre égoïste, ce n’est pas un gros mot non plus. ».

Donc j’ai appris à me reconnecter avec moi, à penser à moi, à prendre du temps, à donner du temps au temps… et donc je me suis dit : « Fais moins, fais mieux, et écoute-toi. Suis ton intuition. ». Pour moi l’intuition, c’est un de mes piliers.

L’expertise que je mettais chez Simone, j’essaie de la remettre au service de Je Suis Bonne.
Il y a toujours la partie rédaction d’articles, avec plus de voyages maintenant, des playlists, des cours de cuisine, des cours de yoga. Et in real life des rencontres, des talks, des cours de yoga que j’organise avec une copine qui est coach. Et un modèle que j’organise 2 à 3 fois par mois pour 14 personnes, où pendant 2 heures, tu viens prendre ton coup de boost.

Un conseil que tu aimerais partager avec les femmes en quête d’une vie professionnelle plus épanouissante, avec plus de sens ?
Ce que je veux dire aux femmes qui veulent donner du sens, c’est surtout de croire en elles et d’avoir confiance en elles. Il n’y a personne qui va leur dire : « Fais ça ». Tu le sais au fond de toi. On est des femmes, je pense qu’on est plus intuitives que les hommes. C’est sans jugement, mais je pense qu’on a ça pour nous, et elles savent au fond d’elles.

Si elles se posent ces questions, c’est pour de bonnes raisons. Si elles commencent à gamberger, c’est peut-être le moment de se poser, de prendre une feuille blanche et d’écrire. Un truc qui marche hyper bien, c’est la vision et la visualisation. Un coach avec lequel je travaille m’a dit un jour : « Tu prends un cahier et tu écris ce que tu veux, autant sur le plan pro que perso. Tu veux gagner combien par mois ? Tu écris. C’est quoi le mec que tu veux ? Tu écris. C’est quoi les valeurs que tu veux porter ? ».
Tu écris, quitte à refermer le bouquin et à le laisser de côté. Déjà, ça le sort de ta tête, tu le vois, et tu peux prendre du recul dessus. Une fois que tu l’as écrit, il y a une sorte de fil rouge qui va te guider.

« C’est bien d’oser demander et d’oser faire. Si tu ne demandes pas, la réponse est non de base. Si tu demandes, tu augmentes tes chances de 50%. Donc essaies ! ».

Je ne vis pas au pays des bisounours. Le roller-coaster je l’ai vécu, je le vis, mais c’est une super aventure à partir du moment où tu te dis : « Ok, j’ai envie, j’essaies ». Au pire ça marche, et c’est une belle aventure !

INSPIRATION
Ce que nous voyons n’est pas fait de ce que nous voyons, mais de ce que nous sommes. Fernando Pessoa
Le Prophète de Khalil Gibran. Mon livre de chevet !
Meryl Streep, pour ses choix de carrière, sa force, sa sensibilité, sa vulnérabilité
Feeling good de Nina Simone.

Je Suis Bonne en bref :
Je Suis Bonne, c’est une expérience bien-être autour du sport, de la nutrition et du voyage avec des conseils partagés chaque jour en ligne, mais aussi des talks inspirants avec des entrepreneurs, des artistes ou des sportifs.

REMERCIEMENTS
Madeleine & Gustave, concept store inspirant niché au coeur du Xe arrondissement de Paris

PASSER DE L’INSPIRATION À L’ACTION !

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Amandine Teyssier
Amandine Teyssier
amandine-teys@hotmail.fr

Fondatrice Catalyz'Her : inspiration & empowerment pour accompagner les femmes dans leur {Rêv}olution professionnelle.

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