Charline, vivre sa vocation pour l’entrepreneuriat et la lingerie

Charline, vivre sa vocation pour l’entrepreneuriat et la lingerie

Rencontre avec Charline Goutal, fondatrice de Ma P’tite Culotte, la marque de lingerie 2.0 qui bouscule les codes du secteur depuis 2013. Une aventure entrepreneuriale au service d’une certaine vision de la féminité, et empreinte des valeurs chères à Charline et ses équipes. Charline revient sur son parcours parfois semé d’embûches, parle d’entrepreneuriat sans langue de bois, de sens, et de confiance en soi.

10 min

Charline Goutal - Sa vocation pour l'entrepreneuriat et la lingerie - Catalyz'Her

Charline, à quel moment as-tu découvert ta double vocation pour la lingerie et l’entrepreneuriat ?
Dès l’âge de 11 ans, c’était très clair dans ma tête que j’avais envie de travailler dans la lingerie et le digital. Mon père est salarié et ma mère institutrice, donc j’avais deux modèles intéressants à comparer, et aucun ne me plaisait vraiment. Pour moi, l’entrepreneuriat était synonyme de pouvoir laisser un impact. À l’époque, c’était aussi synonyme de liberté, chose que j’ai revue puisque je me suis rendue compte que c’était faux, mais en tout cas, c’est ce qui m’a boostée.

Comment s’est passée ton entrée dans la vie professionnelle ?
Quand j’ai terminé mes études, je n’avais absolument pas les ressources et les compétences pour lancer ma boite. J’ai voulu préparer le terrain en construisant le début de ma vie professionnelle accompagnée par des personnes plus matures que moi, avec plus d’expérience. J’ai eu la chance de débuter chez Louis Vuitton, et ensuite d’aller dans le consulting.
Pour moi, le salariat a toujours été une étape. J’étais là pour apprendre, pour me forger, pour voir ce dans quoi j’étais bonne, et là où étaient toutes mes marges de progression.

Quel a été ton déclic pour finalement te lancer dans l’entrepreneuriat ?
Il y a eu un double déclic. Dans mon cabinet de conseil, j’avais proposé un projet de très grosse ampleur. Le projet a été validé mais on m’a dit que j’étais trop jeune pour en prendre la tête. Ça a été très dur à avaler.
En parallèle, j’ai été approchée par 4 jeunes entrepreneurs qui voulaient monter une nouvelle société dans la mode et le digital. Quand ils m’ont proposé de les rejoindre, je n’ai pas hésité très longtemps. J’ai quitté mon poste en 2011 et j’ai créé ma première société avec eux : Here We Style.

Puis est venue Ma P’tite Culotte. Comment est née l’idée ?
L’idée de Ma P’tite Culotte, c’était de bousculer les codes traditionnels avec une vision de la femme en lingerie qui est novatrice.
En étudiant le marché, je me suis rendue compte qu’il y avait 3 principaux positionnements : l’entrée de gamme avec la petite culotte en coton, le plus gros positionnement de marché à base de dentelle, et ensuite l’érotique.

« Je trouvais que ces 3 segments ne représentaient pas toutes les envies de la femme. C’est soit le confort, soit le côté sexy et sensuel. On n’est pas que ça. »

On a construit la marque pour qu’elle reflète les différentes facettes de la femme, avec ce côté où on met en lumière l’audace de la femme, son authenticité, sa spontanéité, son sourire.
À la base, j’étais partie sur une idée d’abonnement à une box. Je me suis vite rendu compte que je n’avais pas les ressources financières pour acquérir une forte notoriété très vite. Pour que des personnes s’engagent sur un abonnement, il faut déjà que la marque soit installée.
Ce qui est marrant, c’est qu’on a lancé l’abonnement box il y a un an, et ça cartonne ! Mais 4 ans après !

Comment a réagi ton entourage lorsque tu as quitté ton job pour l’entrepreneuriat ?
Tout le monde a cru que j’avais pété un câble. Mes parents ont cru que je faisais une crise d’adolescence retardée. Mes employeurs m’ont dit que j’étais complètement folle, et mes amis n’ont pas compris ce changement de vie. Ils étaient tous installés dans de belles sociétés, ils grimpaient au fur et à mesure, ce qui aurait été ma trajectoire également.

« J’ai toujours été la bonne élève, qui a toujours bien fait comme il faut, toujours dans le rang. Finalement, en choisissant l’entrepreneuriat et en ne choisissant plus la facilité, ça a déstabilisé tout mon entourage. »

Je savais que le seul moyen d’être heureuse dans ma vie, c’était d’accomplir mes rêves, et mon rêve et ma passion, c’était ça. C’était un jour, monter Ma P’tite Culotte.
On ne s’est pas parlé pendant quelques temps avec mes parents. Au fur et à mesure, ça s’est arrangé parce que les gens se sont rendu compte que ça n’était pas juste une lubie. Maintenant, ça fait 7 ans que je suis entrepreneure.

Pourtant, tu as connu des débuts difficiles en lançant Ma P’tite Culotte ?
Le début de l’aventure Ma P’tite Culotte a été chaotique !
Je me suis lancée toute seule et j’avais cette idée fixe d’être 100% Made in France. Il y avait eu l’affaire Lejaby avec le licenciement massif de leurs ouvrières. Les Atelières s’est monté avec des anciennes ouvrières de Lejaby, et j’ai voulu travailler avec elles. Je descendais la moitié de la semaine dans les ateliers à Villeurbanne, à côté de Lyon. J’ai passé beaucoup de temps avec elles à comprendre la chaîne de production, à monitorer mes productions,… je suis fortement montée en compétences, et j’ai vécu une aventure humaine extraordinaire.
Malheureusement, ça n’a duré que 2 ans puisqu’elles ont fait faillite. Ça a été très difficile de se retourner. On a failli faire faillite : arrêt brutal de la chaîne de production, saisie des matières,…
En France, je n’ai pas réussi à trouver un nouvel atelier qui pouvait accueillir nos volumes, qui corresponde à nos différentes contraintes de matière et de fabrication.
Tu te dis que tu vas devoir délocaliser alors que tu as fait une grosse partie de ta communication et que tu t’es fait connaître à travers le 100% Made in France.

Comment est-ce que tu as géré la crise ?
Une de nos valeurs, c’est la transparence, donc j’ai expliqué la situation à nos clients.
On a délocalisé en Tunisie, et l’impact qu’on a gagné dans nos coûts de revient, on l’a impacté sur les prix finaux. Finalement, c’est là qu’on a commencé à faire de plus en plus de chiffre d’affaires parce que nos produits étaient plus accessibles. On avait une meilleure qualité et réactivité aussi parce que c’était des ateliers qui étaient rodés.
Donc ça a été quelques mois de galère totale : on n’avait plus plus produits, donc plus de rentrée de chiffre d’affaires,… mais au final, ça a été pour le mieux puisque c’est là qu’on a passé un step important en devenant plus accessibles en termes de prix.

À tes débuts, la question des financements a aussi été délicate ?
C’est pas facile d’être à la fois une jeune femme, dans la lingerie, et d’avoir une marque qui s’appelle Ma P’tite Culotte. Le nom de marque est ludique, il passe bien à l’international… mais il y a une méfiance, voire même une défiance de la part des institutions financières.

« Pendant des années, j’ai galéré et ça n’a pas été facile de trouver des partenaires bancaires, de lever des fonds, d’être prise au sérieux,… aussi parce que c’est un milieu extrêmement masculin, peu avisé dans le secteur de la mode. »

Je me suis battue, je n’ai rien lâché. Je suis revenue à la charge 50 000 fois. Il était hors de question que je change le nom de ma marque pour de mauvaises raisons. On me l’a suggéré de nombreuses fois, mais je n’ai pas cédé parce que je pense que c’est aussi ça qui a fait la notoriété de la marque.
J’ai eu la chance d’être rejointe par mon associé, Pierre Van Gansen. S’adresser en tant que binôme à des financiers, ça aide. Et puis les chiffres sont bons, avec une belle croissance. C’est comme ça qu’on a réussi à faire nos levées de fonds.

Quand les débuts sont difficiles, est-ce qu’on n’envisage pas de jeter l’éponge ?
Je ne sais pas quel entrepreneur n’a jamais envisagé ça. Evidemment, on se demande comment on va vivre, comment on va payer son loyer, est-ce qu’on n’est pas en train de foutre en l’air ses plus belles années… mais l’envie était plus forte. Le fait que je croyais que je pouvais y arriver était plus fort.

« Les premières épreuves sont les plus dures. On a l’impression que le monde s’écroule, et finalement, on se rend compte qu’on se relève. »

Chaque nouvelle étape nous permet de trouver des solutions. Le métier d’entrepreneur, c’est trouver des solutions en permanence.

Débuts
Charline Goutal - Sa vocation pour l'entrepreneuriat et la lingerie - Catalyz'Her
Authenticité
Charline Goutal - Sa vocation pour l'entrepreneuriat et la lingerie - Catalyz'Her

Cinq ans après, la marque a bien grandi. Comment a évolué ton rôle ?
Au départ, je faisais tout, puis Pierre est arrivé. Puis on a recruté, 1, 2, 3,… puis 10 salariés. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de casquettes, mais la casquette principale, c’est d’être chef d’orchestre. C’est délicat d’évoluer vers ce rôle. On passe de « je fais tout et tout de suite » à « il faut que je délègue, mais d’abord il faut que je forme et que je transmette ». C’est aussi accepter que ça ne soit pas fait exactement comme on veut dès le départ, parfois c’est même beaucoup mieux fait d’ailleurs.
Avec Pierre, on a choisi des personnes à qui on fait confiance, des personnes qui partagent avant tout les mêmes valeurs que nous, et qui sont meilleures que nous dans les compétences et les expertises qu’on recherche.
Aujourd’hui, parce que je peux m’appuyer sur mon équipe, je peux aller creuser de nouveaux sujets. C’est hyper enrichissant, et surtout, j’ai choisi l’entrepreneuriat pour apprendre. Avec Pierre, le fait que notre rôle évolue, c’est ça qui nous excite en fait. C’est ça qui nous met un peu en risque, et c’est passionnant.

Tu parles de l’importance de valeurs partagées. Quelles sont les valeurs de ta marque ?
Les valeurs de la marque et de l’équipe, c’est le P.A.C.S : Passion, Authenticité, Créativité et Sourire. C’est Pierre et moi qui les avons choisies parce qu’on pense que c’est avec cet état d’esprit qu’on va faire la différence, à la fois dans la stratégie, dans le management de l’équipe, et dans la vision globale.
Ces valeurs nous correspondent à Pierre et moi professionnellement et personnellement. On n’arrive pas à dissocier, et je pense qu’on est totalement pareils dans la vie professionnelle et personnelle. C’est aussi pour ça qu’on s’entend bien.

Ma P’tite Culotte, c’est aussi un engagement social que vous défendez ?
Pour moi, l’entrepreneuriat a toujours résonné avec un côté social. Pour avoir un impact positif, au-delà de proposer des beaux produits et un bel univers de marque, c’était totalement logique pour Pierre et moi de soutenir des causes qui nous parlent, et de reverser des fonds à une association chaque année.
On soutient beaucoup la cause du dépistage du cancer du sein. C’est aussi pour des raisons personnelles parce que des personnes très proches ont dû faire face à cette maladie, certaines en sont décédées. C’est pas un coup de com’. C’est vraiment pour montrer que tout ce qu’on fait, c’est avec du sens. Avant tout chez Ma P’tite Culotte, on est des hommes et des femmes qui nous levons tous les matins pour venir travailler et pour être heureux dans notre travail. Chaque personne ici a besoin d’avoir du sens.

De plus en plus de personnes s’orientent vers l’entrepreneuriat pour justement renouer avec du sens. Quel est ton regard sur cette tendance ?
Il y a plein de structures qui portent du sens, et quand on est salarié on peut y être hyper épanoui. C’est ce qu’on essaie de faire au sein de notre entreprise. Je pense aussi qu’il y a aussi beaucoup d’entreprises où c’est perverti, où les gens n’ont plus de sens, on ne leur explique plus la stratégie globale de la boite, ils se sentent comme un numéro,… D’accord. Mais ça ne veut pas dire que l’entrepreneuriat, c’est la bonne solution. Ça veut juste dire qu’il faut changer de société.

Donc l’entrepreneuriat n’est pas LA solution miracle pour toi ?
C’est pas une solution l’entrepreneuriat, c’est une vocation. C’est un choix de vie, c’est énormément de sacrifices, c’est beaucoup de bonheur aussi. Je pense qu’on a beaucoup de progrès en France pour avoir un discours équilibré sur l’entrepreneuriat.

« Aujourd’hui, les entrepreneurs sont des héros. Je pense que ça n’est pas vrai. Il ne faut pas dévaluer ou surévaluer des fonctions. Chaque métier est lié à une vocation et à une personnalité. »

Les entrepreneurs sont essentiels à l’écosystème, c’est ce qui booste l’économie, ils osent des choses que les autres n’osent pas,… mais il y a des salariés qui sont extraordinaires, et sans eux, il n’y aurait pas d’entrepreneur. Et on n’en parle pas.
L’entrepreneuriat, c’est pas fait pour tout le monde. Il y a des gens brillants, mais qui n’ont pas le tempérament de l’entrepreneur. Ils y vont parce qu’ils ont envie d’avoir du sens, d’être épanouis,… mais ils se plantent. Il y a un taux d’échec qui est absolument énorme, et certains s’abîment vraiment en profondeur.

Quelles sont les qualités pour allers vers l’entrepreneuriat selon toi ?
Il y en a beaucoup, mais je dirai la passion. C’est la première chose parce qu’on a beau avoir une bonne idée, la tête bien faite,… il y a tellement de difficultés que si on n’est pas hyper passionné, c’est très difficile à vivre.
La persévérance, parce que c’est à force de tomber qu’on devient plus fort. J’en suis persuadée parce que c’est vraiment ce que j’ai ressenti. La patience. Quand je dis patience, c’est aussi la résilience. La patience de savoir attendre qu’il y ait un time-to-market, des opportunités qui se présentent,… Et la résilience, parce que quand il y a un mauvais moment, il faut savoir l’accepter. Et ça ne dure pas une heure. Ça dure plusieurs jours, voire plusieurs semaines, ou plusieurs mois.
Et je pense qu’il ne faut pas se lancer si on n’a pas confiance en soi. Souvent des gens me disent qu’ils veulent se lancer mais qu’ils cherchent un associé. Pourquoi ? C’est que t’as pas assez confiance en toi ?

« Si tu n’es pas capable tout seul, tu ne seras pas capable à 2, à 10 et à 100, parce que les gens suivent une personne. »

Il faut croire avant tout en toi-même. Croire en soi, ça ne veut pas dire ne pas avoir de doutes. Une fois qu’on a compris ça, ça devient beaucoup plus léger, on casse les barrières, et on y va !
Qu’on ait des enfants, pas d’enfant, des prêts ou pas de prêts, un mari ou pas de mari,… peu importe. Ce qui compte, c’est d’être heureux dans la vie. Moi je savais pertinemment que ce qui me rendrait heureuse, c’était d’être entrepreneure. C’est pas facile tous les jours, mais j’en suis ultra-contente.

Tu avais confiance en toi lorsque tu t’es lancée ?
La confiance en soi, ça s’acquiert. J’étais une petite fille très timide, j’ai un caractère très introverti, je suis une ultra-anxieuse. Je suis une ultra-perfectionniste aussi, ce qui n’aide pas.
Du coup, je n’avais pas du tout la prépondérance de caractère à priori pour être entrepreneure, être sûre de soi, ne pas être trop anxieuse. Je rumine tout, j’étudie tout, je me prends la tête en permanence. Ça ne m’empêche pas d’être là où je suis.
C’est pas parce qu’on n’a pas confiance en soi à l’instant t qu’on n’aura pas confiance en soi à l’instant t+1, t+2,…

« La confiance en soi, on l’acquiert comment ? En tombant, et en se relevant. Si on n’est pas face à l’adversité, comment est-ce qu’on peut avoir confiance en soi ? »

On n’a pas d’épreuve pour se dire : « Ok, j’ai réussi à surmonter ça ». Comment j’ai trouvé ma confiance en moi ? C’est dans l’adversité. Mais pour ça, il faut aller vers l’adversité, il ne faut pas aller vers la facilité.
Finalement l’entrepreneuriat, c’est accepter : « Les premières fois, je vais me faire mal. » Et beaucoup de femmes n’aiment pas ça. C’est l’instinct maternel aussi, parce qu’on porte un bébé, on doit faire attention à lui, on doit faire attention à soi pour faire attention à l’autre,… Finalement, ça nous freine parfois dans la vie professionnelle, alors que ça peut être un véritable atout. On a une capacité à se relever qui est juste extraordinaire, et un mental qui est très fort.

Est-ce que tu as dû te bousculer pour être là où tu en es aujourd’hui ?
Je me suis beaucoup bousculée. J’ai réussi parce que je ne me battais pas et je ne me mettais pas moi Charline en avant, mais je me bats pour une société, pour une équipe, pour une ambition, pour une vision de la féminité. Du coup, je suis presque une militante de ma marque.

« Je ne me bats pas pour mon propre égo ou mon propre reflet, mais pour des choses qui me dépassent. »

Et ça, ça donne beaucoup de force. Quand on voit les choses comme ça, on peut vraiment bousculer des montagnes.

INSPIRATION
Il ne faut pas rêver sa vie, mais vivre ses rêves.
Le Secret de Rhonda Byrne. Je crois en la loi d’attraction et ce livre m’a beaucoup aidée pour me lancer.

Ma P’tite Culotte – Actus :
Pour prolonger l’expérience digitale et découvrir ses modèles de lingerie, maillots de bain, et bijoux, Ma P’tite Culotte a ouvert sa première boutique à Paris : Le 7ème. Une expérience in real life complétée par un pop-up store installé au Printemps Haussmann du 27 août au 28 octobre 2018. Des t-shirts spécialement conçus pour l’opération Octobre Rose y seront disponibles à la vente. Les bénéfices de cette collection de t-shirts seront intégralement reversés à l’association Le cancer du sein, parlons-en !

Confiance
Charline Goutal - Sa vocation pour l'entrepreneuriat et la lingerie - Catalyz'Her

PASSE DE L’INSPIRATION À L’ACTION !

Vous êtes switcheuse, entrepreneure, ou pionnière ?
Vous avez un histoire inspirante à partager avec nos lectrices ?
Contactez-nous dès à présent et dites-nous tout de votre story.

Amandine Teyssier
Amandine Teyssier
amandine-teys@hotmail.fr

Fondatrice Catalyz'Her : inspiration & empowerment pour accompagner les femmes dans leur {Rêv}olution professionnelle.

Aucun Commentaire

Ajouter un commentaire

#CATALYZHER

On se retrouve sur Instagram ?