Ola, itinéraire de 10 ans de vie nomade, libre et yogique

Ola Jas, itinéraire de 10 ans de vie nomade, libre et yogique

Rencontre avec Ola Jas, artiste et professeure de yoga. Agée de 30 ans, Ola mène une vie nomade depuis 10 ans et partage sa vie entre Paris, Ibiza et l’Asie. Elle nous explique son parcours, et le rôle du yoga et de la spiritualité dans cette vie extra-ordinaire.

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Ola Jas - Interview Pionnière et Switcheuse - Catalyz'Her
Exploration
Ola Jas - Interview Pionnière et Switcheuse - Catalyz'Her

L’histoire d’Ola, c’est celle d’un parcours atypique où se mêlent expériences variées et voyages.
Bonne élève et étudiante dans un lycée coté, Ola a baigné dans un environnement d’excellence qui prépare normalement aux grandes écoles et aux grandes carrières. Le rêve d’Ola était pourtant tout autre: « Je me sentais l’âme vagabonde. J’avais envie de liberté et très tôt j’ai eu envie de voyager ».

D’origine polonaise, Ola voyage régulièrement en Pologne avant même que le pays ne rejoigne l’Union Européenne. A 17 ans, elle fait son premier voyage exotique au Brésil, une expérience qui sera un véritable catalyseur de son esprit d’exploration. Plutôt que d’opter pour une grande école, Ola choisit de faire une fac de langues et profite de son temps libre pour s’engager dans des associations.

Marquée par l’entrée de la Pologne dans l’Union Européenne, elle rejoint les programmes d’éducation aux jeunes: « Mon monde tournait autour des valeurs d’une Europe unie dans la diversité, du voyage, de la connaissance de soi pour mieux vivre avec les autres. »

A cette période, Ola intervient sur des projets artistiques, culturels, sportifs ou sociétaux, tous organisés avec l’objectif de créer du lien. Elle travaille aussi pour la coopération internationale sur des reportages à Madagascar, en Afrique du Sud, au Rwanda, au Congo, et dans les Balkans entre autres. Son engagement pour la cause européenne la conduit même au Parlement à Bruxelles: « J’avais des ambitions de changer le monde à travers la politique, mais très vite, je me suis rendue compte que c’était beaucoup de paperasse et trop loin du terrain ! ».

En quête d’un retour à l’essentiel à travers le contact avec la nature, Ola s’installe à Barcelone et s’engage cette fois dans la permaculture.
C’est là qu’elle commence à régulièrement fréquenter un centre de yoga. Responsable de la commission santé et bien-être de son association de permaculture, Ola en profite pour organiser des ateliers de yoga en plein air.
Elle découvre alors l’acro-yoga qu’elle emmène sur scène et dans l’espace public sous forme de spectacles: « Je m’épanouissais en faisant ces spectacles qui permettaient de rompre la routine et la réalité monotone pour offrir une touche d’art et d’imaginaire. Ca a été très formateur. Il n’y a rien de tel que l’impro pour se mettre au défi et comprendre les rouages de l’Humanité. »

Désireuse de s’investir pleinement dans le yoga, Ola part en Inde pour approfondir sa pratique. Une expérience qui va changer son rapport au monde et sa façon d’envisager la vie, notamment grâce à ce qu’elle décrit comme « la contemplation à l’indienne ».
Après avoir exploré de nombreux types de yoga, Ola a développé une approche créative de sa pratique, motivée par l’ambition d’apaiser l’esprit: « Ma conception du yoga est celle d’un vecteur de bien-être. L’idée est de ressentir quelque chose à l’intérieur qui créé de l’espace pour se disposer à la vie ».

Aujourd’hui, tu es artiste et professeure de yoga nomade. Est-ce que c’était un objectif pour toi ?

Cette vie nomade, c’est comme un enchainement de « circonstances heureuses », des hasards qui n’en sont pas vraiment. Je me suis beaucoup nourrie de projets à court terme qui n’ont pas une continuité évidente entre eux. Mais au final, j’arrive à m’expliquer le sens qu’ont pris les choses d’un projet à l’autre.

L’important, c’est de prendre l’initiative, de poser la première pierre, et après tout s’enclenche naturellement. Il y a des choix que j’ai faits sur le moment et qui m’ont emmenée quelque part, mais il n’y avait pas forcément l’objectif : « Je veux être prof de yoga ».

Quand tu arrives à vivre le moment, tu ne te poses plus la question. J’adore la phrase de John Lennon: “Life is what happens to you while you’re busy making other plans”.

« C’est bien d’avoir un objectif, mais le mieux, c’est de ne pas s’y attacher. Si tu œuvres au quotidien depuis le moment présent, alors tu es sur le bon chemin et le reste en découle dans une logique naturelle. ».

Quel est ton rythme de vie ?

Depuis l’âge de 18 ans, je bouge à peu près tous les 3 mois. Le plus longtemps où j’ai vécu depuis cet âge-là, c’est 9 mois en Irlande pendant mon Erasmus, et 9 mois à Barcelone. En plus de 10 années de nomadisme, je me suis retrouvée dans des endroits incroyables, mais il y a aussi un côté un peu précaire à cette vie pleine d’excitation.

Après 3 années d’activisme dans la permaculture, je suis partie en Inde et je m’étais dit qu’après ça, j’aurais envie d’un nouveau style de vie, un peu plus posé, avec plus de moyens. Et finalement quand je suis rentrée, je suis partie à Ibiza et j’ai continué à vivre avec la magie du moment, de la passion, de tout ce qui fait mes idéaux. J’aspire quand même à un peu plus de stabilité pour ne pas toujours être sur le départ, et pouvoir donner une continuité et de la consistance à mon projet.

Avec ce mode de vie parfois instable et précaire, est-ce que tu as à composer avec la peur ?

J’ai peur de sauter de trop haut dans le vide au sens propre, mais pas au figuré ! Généralement j’ai confiance. Je me suis toujours prouvée que j’arrivais à réussir et à bien mener ce mode de vie.

« Une fois que tu as des convictions et des valeurs sur lesquelles tu es très au clair, tu trouves les moyens d’arriver là où tu veux. ».

J’ai des phases de remise en question, mais elles sont passagères alors je les vis pleinement, au même titre que mes moments d’euphorie ou de tristesse. C’est ce qui me sauve du sentiment d’insécurité et du doute. Le doute, c’est une des choses qui nous perd, en tout cas qui fait perdre du temps.

Alors quand je me remets en question, ça n’est pas une perdition dans l’insécurité. Quand tu es face à tes peurs, tu es face à toute ta confiance.
Avec un tout petit peu de recul, je vois comment j’arrive à passer d’une étape à l’autre, tout ce chemin qui se construit et me donne aujourd’hui la force d’aller encore plus loin.

Nomade
Ola Jas - Interview Pionnière et Switcheuse - Catalyz'Her
Equilibre
Ola Jas - Interview Pionnière et Switcheuse - Catalyz'Her

Comment ton entourage te perçoit à travers ce parcours atypique ?

Face à un système éducatif qui nous pousse à être très cérébraux, j’étais prédisposée à être cartésienne.  Le yoga m’a aidée à descendre de ce centre intellectuel pour aller vers celui du cœur et rallier mon intuition en étant à l’écoute de mes émotions.

Au final, à Ibiza on va me considérer comme une intellectuelle, alors que quand je suis avec ma famille ou des gens avec qui j’ai étudié, je passe pour la hippy la plus lointaine du monde ! Tout est relatif et je prends plaisir à jouer avec ces rôles, j’ai différentes facettes à mon actif et je suis capable de m’adapter à tout milieu.

Mes parents auraient aimé que je fasse carrière dans un truc sérieux, mais quand je reviens à Paris, qu’ils voient les endroits où je bosse, quand ils voient mon sourire… ils se font une raison.

Quel est l’enseignement principal que tu retires de ton expérience jusqu’à aujourd’hui ?

Dans nos systèmes occidentaux, on est souvent plus dans le protagonisme que dans le lâcher-prise. En Inde, j’ai appris du pouvoir de la contemplation, cet état de distance aux choses où l’on se positionne comme observateur et où il suffit d’être. Ça a été un merveilleux apprentissage pour moi que le lâcher-prise, se laisser vivre dans un équilibre que l’on doit constamment réargenter, à l’écoute de la nature, de ses rythmes. Avec la contemplation, tout prend son sens simplement parce que tu es là. Ça m’a appris à descendre mes attentes vers quelque chose de l’ordre de : « J’arrive à vivre bien et heureuse, en harmonie avec ce qu’il y a autour. N’importe où, maintenant. ».

D’où l’importance de se retrouver face à soi et d’apprendre à être bien avec soi. C’est la clé de toutes ces pratiques de bien-être : être bien avec soi pour être bien avec les autres, et la nature des choses.

Est-ce que la spiritualité a un impact dans ton cheminement ?

J’ai une forme de foi et de spiritualité qui m’anime depuis toujours et qui se traduit par une quête d’équilibre entre le pouvoir de manifestation et le lâcher-prise.

« Il faut savoir affirmer ce dont on a envie et être au clair sur ce qui nous anime, nos idéaux, nos valeurs profondes,… tout en sachant écouter la vie pour ne pas aller dans le mur. ».

Trop souvent les gens se cognent au mur par manque de lâcher-prise, et parfois il y a trop de lâcher-prise et aucune force de volonté pour concrétiser les choses.

Savoir trouver un juste équilibre entre le pouvoir de s’affirmer, la manifestation, et le lâcher-prise pour que tout se mette en place par sa propre nature. Cultiver la spiritualité, c’est cultiver cet espace en soi de disposition à la vie.

Un conseil que tu aimerais partager avec les femmes qui envisagent un changement de voie, ou même l’aventure nomade comme toi ? 

Pour revenir à la force qui va nous animer en tant que femmes qui assument leurs choix de vie, garder à l’esprit que tout est temporaire.

« Une fois que tu as pris une décision, engage-toi à fond pour transcender l’expérience. Ça va forcément t’amener quelque part. Confiance, bienveillance, authenticité sont des valeurs motrices pour s’assumer ».

Soit ça te conforte dans ton expérience pour te donner l’énergie d’aller plus loin, soit tu vas te rendre compte que c’est pas ça, et à ce moment-là tu pourras faire un autre choix et réorienter tes pas. Mais simplement le fait d’assumer, ça passe par le fait de prendre la décision et puis d’y aller avec tout son coeur.

Vous êtes switcheuse, entrepreneure, ou pionnière ?
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Amandine Teyssier
Amandine Teyssier
amandine-teys@hotmail.fr

Fondatrice Catalyz'Her : inspiration & empowerment pour accompagner les femmes dans leur {Rêv}olution professionnelle.

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